À travers une enquête érudite et ludique, Grégoire Bouillier redonne souffle à Arsène Lupin, figure centrale de l’imaginaire populaire du XXe siècle et compagnon de lecture de plusieurs générations qui a bouleversé les codes du roman policier.

Si vous aimez Arsène Lupin, si vos souvenirs de lecture d’enfance vous ramènent souvent au gentleman cambrioleur, si vous n’avez manqué aucun épisode de la série des années 1970 avec Georges Descrières dans le rôle de Lupin, alors précipitez-vous sur Un printemps avec Arsène Lupin. Dans ce livre, Grégoire Bouillier se transforme en enquêteur pour nous raconter, en une cinquantaine de chapitres, non seulement la vie d’Arsène Lupin, mais aussi tout ce que l’on ne savait pas, ou alors que l’on avait oublié, sur le personnage créé par Maurice Leblanc au tout début du XXe siècle. L’auteur du Syndrome de l’Orangerie dissèque les romans du père de Lupin, multiplie les hypothèses, cherche les influences, établit des rapprochements parfois inattendus avec Homère, Rimbaud, le surréalisme ou encore l’histoire des techniques modernes.

Et croyez-moi, Grégoire Bouillier connaît son sujet sur le bout des doigts.
À travers de courts chapitres, on redécouvre sous tous les angles le héros de notre enfance, ce voleur séducteur qui ne s’attaquait qu’aux riches, et dont Maurice Leblanc nous a raconté les aventures à travers dix-huit romans, trente-neuf nouvelles et cinq pièces de théâtre, publiés entre 1905 et 1941.
Il faut voir la passion avec laquelle Grégoire Bouillier nous raconte ce héros d’une autre époque. Il évoque son univers, son époque, ses personnages et ses références à travers diverses réflexions dont la portée dépasse souvent le simple cadre de la littérature. Il avance par associations d’idées, digressions, intuitions et enthousiasmes communicatifs. Chaque découverte semble provoquer chez lui une forme d’émerveillement.
À la fin de la lecture, Arsène Lupin n’aura plus aucun secret pour vous. Vous saurez tout de cet homme, de ses origines, de ses amours, de ses passions, de ses défauts et de ses qualités. Vous apprendrez notamment que Lupin usa d’une cinquantaine de pseudonymes, qu’il ne tua jamais personne, même les pires crapules, que sa mère était une aristocrate rebelle et son père un escroc, et qu’en vérité il n’a jamais porté ni haut-de-forme ni monocle.
Bref, voilà un essai plein de fantaisie, érudit, foisonnant et jubilatoire, qui se lira d’une traite ou par petits morceaux, selon votre humeur. On en conseillera la lecture à tous ceux qui gardent encore un souvenir ému de leur lecture du Bouchon de cristal ou de L’Aiguille creuse.
Si vous aimez Arsène Lupin et que vous appréciez également les podcasts, vous irez ensuite écouter la série Un printemps avec Arsène Lupin, racontée par François Morel, à découvrir sur l’application de Radio France.
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Benoit RICHARD
