Et voilà, l’édition 2026 de Binic s’est refermée, et a confirmé – sans qu’on n’en ait jamais douté – les qualités de ce festival hors normes. Un an à patienter pour la suite, mais en attendant, il nous reste le compte-rendu de ce troisième jour.

Sacred Cowboys – Scène Banche :

Qui sont-ils ? Sacred Cowboys est un groupe australien, originellement de post-punk et de rock formé en 1982. Mais la musique et la composition du groupe a évolué au fil de ses multiples séparations et reformations, intégrant aujourd’hui « une ambiance country crue sur un rythme swamp-blues mutant »…
Leur dernier disque : In the Manifesto – Label : BEAST Records / Torn & Frayed – Date de parution : 22 juin 2026
Opinion : « Sacred Cowboys, encore des Australiens originaires de Melbourne, mais que je ne connais pas du tout. Et là aussi, c’est cela Binic, le fait de changer de genre à chaque concert ou presque, aller du folk parfois à du rock australien pur et dur, en passant par le blues, le psyché, le punk, bref un large éventail où tout le monde s’y retrouve. Avec les Sacred Cowboys, c’est un univers country rock et typiquement américain auquel nous avons affaire. Le chanteur semble un peu hors d’âge, et j’avoue que ce n’est, cette fois, « pas trop ma came », mais on passe tout de même un bon moment. »
Frenzee – Scène Banche :

Qui sont-ils ? Un trio de punk rock gréco-australien (!), basé en Crète, et composé d’une fratrie née à Melbourne : Apollonia, Adonis et Nikos Xylouris. Leur musique mêle des influences garage, hardcore punk et rock australien.
Leur dernier disque : What’s Wrong With Me – Label : Poison City Records – Date de parution : 18 octobre 2024
Opinion : « Place maintenant à Frenzee emmenée par sa jolie chanteuse Apollonia Xylouris, les « Gréco-Australiens » font parler la poudre d’entrée de jeu. Apollonia dégage une énergie et une fougue assez impressionnante, c’est du punk hardcore australien avec une (petite) ressemblance avec Amy & The Sniffers, sauf que Frenzee c’est beaucoup plus radical, sa chanteuse est bien meilleure que Amy, elle semble « no limit » avec ses incursions sauvages dans le public. Content de les revoir dans deux mois en ouverture de 1000Mods au Trabendo. High Energy, donc !!! »
Soledad Brothers – Scène Banche :

Qui sont-ils ? Les Soledad Brothers étaient (sont ?) un trio américain de garage rock influencé par le blues et le punk. Ils ont d’ailleurs collaboré avec Jack White, et se sont « officiellement » séparés en 2006. 20 ans après, on les retrouve en tournée française !
Leur dernier disque : The Hardest Walk – Label : Alive Records – Date de parution : 2006
Opinion : « Les Soledad Brothers prennent la suite, c’est un groupe que je désespérais de voir, les ayant manqué lors de leur précédent passage à Paris il y a … 20 ans ! Dès que le trio (guitare-chant / guitare-saxo / batterie) prend place, on sent les vieux routards, l’atmosphère est complètement différente par rapport à Frenzee : ils affichent de la bouteille même si le groupe n’est pas si vieux que ça (il a été actif de 1998 à 2006). Ils pratiquent un blues rock crade mêlé de boogie, j’aime beaucoup ! Pas de basse, juste deux guitares ou une guitare et un saxophone. Je suis à peu près certain que qu’ils ont repris deux titres du Gun Club (à vérifier..), For The Love Of Ivy et l’autre, peut-être Preaching The Blues. Un set que j’ai beaucoup apprécié, une découverte pour moi ! »
Frankie & The Witch Fingers – Scène Banche :

Qui sont-ils ? Un groupe de rock américain originaire de l’Indiana, venant du garage punk et du rock psyché, mais explorant d’autres genres musicaux.
Leur dernier album : Trash Classic – Label : RAS / Greenway – Date de parution : 6 juin 2025
Opinion : « Frankie & The Witch Fingers arrivent tout juste sur le festival, d’où une installation du matériel sur scène un peu en catastrophe. Bon set de ce groupe qui, depuis 2 ou 3 ans, a véritablement trouvé ses marques, en s’éloignant un peu de la comparaison qu’on leur faisait (et parfois pour certains c’était un reproche) avec Osees… Un set parfait, avec le trublion de Public House qui va venir faire un spam dans le public : c’est aussi ça qui est bien à Binic, les artistes viennent voir leurs « collègues » jouer sur scène et cela fait plaisir ! »
Public House – Scène Banche :

Qui sont-ils ? Public House est un projet mêlant punk et classic (hard) rock, formé à Melbourne en 2024 par Wolfgang Buckley (Stiff Richards) et James McClurg, qui est progressivement devenu un véritable monstre scénique avec des prestations mémorables.
Leur dernier disque : Future – Label : Public House – Date de parution : 12 juin 2026
Opinion : « Et cette édition 2026 du Folks Blues Binic festival s’achève avec les puissants Public House, emmenés par leur chanteur Wolfgang Buckley, qui apparaît sur scène enveloppé dans le drapeau breton (il est aussi le chanteur de Stiff Richards, autre combo infernal de Melbourne). Là encore, ce sera des slams venant de partout, mais le tout dans une superbe ambiance ! Sur scène, outre un crocodile gonflable, on aura droit aussi à un kangourou gonflable ! Fin du festival, nous sommes rincés mais heureux !
Alors une petite conclusion. Tout d’abord, après cette quatrième édition à laquelle j’assiste, je peux décréter que Binic est le MEILLEUR festival actuel en France, loin devant les Rock en Seine et même la Route du Rock. Un festival à taille humaine, avec des prix raisonnables (la petite bouteille d’eau à 1 euro), et de la chaleur humaine (avec des festivaliers inconnus qui viennent discuter (quelques fois un peu « alcoolisés » mais toujours sympathiques !!). Un grand stand de Merch où l’on peut rencontrer les musiciens. Des artistes qui assistent – voire participent – aux prestations d’autres artistes. Encore et toujours des artistes que l’on peut rencontrer dans les rues de la ville de Binic. Un festival où l’on peut sortir et entrer à volonté sur les deux scènes avec une liberté TOTALE. Un environnement tout simplement magnifique, la plage, le port, l’eau vert turquoise cette année. Le personnel (bénévole ou pas) super sympathique, que ce soit les gens du service d’ordre, les responsables du festival, les gens du contrôle à l’entrée, bref tout le monde. La possibilité de se garer facilement sans être obligé de payer une fortune. Et surtout cette programmation qui est un rêve pour mes amis et moi, toute la musique qu’on aime. Sans même parler du fait de permettre à des artistes et des groupes qui se produisent généralement devant quelques dizaines de spectateurs, de jouer devant plusieurs milliers de personnes ! Et puis, évidemment, de découvrir chaque année des groupes et d’avoir de véritables « coups » de cœur, comme ce fut le cas cette année pour les fantastiques Where’s Jimmy !!! »
Eric Debarnot
Photos : Robert Gil
Opinions : Gilles Barbeaux (merci à lui !)
