Avec Les 50 ans du Punk de A à Z, Francis Dordor et Jean-Eric Perrin offrent le panorama aussi complet que concis d’un mouvement musical qui acheva en beauté la décennie 1970.

Les 50 ans du Punk de A à Z est une sorte de Que sais-je ? d’un mouvement musical majeur (en plus joli), pondu par deux noms bien connus de ceux et celles qui ont été biberonnés à la Rock critique en France avant l’arrivée du web et des réseaux sociaux : Francis Dordor (Best, les Inrocks) et Jean-Eric Perrin (Rock & Folk, Best).

C’est le livre parfait à offrir pour expliquer ce qu’était vraiment le Punk, au-delà des clichés immortalisés par sa récupération par la mode, la publicité et la culture populaire en général. On pourrait tiquer sur le choix de faire commencer les choses en 1976 tant on a grandi avec le totem de 1977 année zéro. Mais les totems, le Punk s’en foutait donc va pour 1976 ! Le choix de l’abécédaire est mille fois vu mais va comme un gant à un mouvement musical protéiforme à l’héritage multiple.
Tout est donc là. Le Punk comme produit d’une génération n’ayant connu que la crise, rébellion politique, ajout d’une grosse couche de nihilisme à une culture jeune existant depuis le King, abandon du culte de la virtuosité alors incarné par le Prog Rock, opportunité pour les femmes de quitter dans le Rock le rôle de la muse ou de la groupie, esthétique vestimentaire (Vivienne Westwood) et esthétique des pochettes de disques. Et bien sûr le Punk c’est des fanzines, des passeurs, des villes avec leurs scènes punk, des disquaires et des salles de concert.
Comme la Nouvelle Vague, le mouvement a eu des frères dans beaucoup de pays du monde, le livre se focalisant en particulier sur la version hexagonale du mouvement. Le Punk fricote aussi avec d’autres mouvements musicaux majeurs qu’il retravaillera, tel The Clash avec le Reggae.
Les entrées consacrées aux artistes/groupes comportent aussi bien les noms emblématiques que des figures pas liées au Punk par le dogme musical mais par l’attitude ou une démarche artistique hors des sentiers battus (Television, The Stranglers…).
Ce qui après tout annonce un descendant majeur du Punk, ce Post-Punk héritier de l’esprit mais pas de la lettre. On trouve aussi le grand frère Pub Rock et le Parrain Iggy Pop (superbe note sur la schizophrénie entre Iggy le primitif et Pop l’intellectuel cultivé).
Même un long passage consacré à Billy Idol apparaît légitime comme rappel du Punk comme rampe de lancement de figures aux destinées « variées » (si le bouquin mentionne des ex du Punk devenus membres de Bandolero, pourquoi pas lui ?). Le tout illustré d’une palanquée de photos culte car pas de Rock sans iconographie.
Une fois la lecture finie, on se dit que le Punk était plus qu’un look, une attitude ou des disques : le moment par lequel certains/certaines ont pu se trouver en tant qu’individus et/ou artistes (au hasard : Nick Cave).
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Ordell Robbie
