Dans une maison du Finistère, les étés se succèdent depuis un demi-siècle, jusqu’au jour où la disparition de la grand-mère annonce aussi celle, prochaine, de la maison. Avec Le Pays des étés, Pierre Adrian signe un roman un récit lumineux et mélancolique sur le temps qui passe.

Dans son nouveau roman, Pierre Adrian (Que reviennent ceux qui sont loin) raconte l’histoire d’une demeure familiale située dans le Finistère, où la famille passe ses étés depuis un demi-siècle. Mais la grand-mère vient de mourir, à plus de cent ans, un jour de finale de Coupe du monde. En perdant cette ïeule, le narrateur et sa famille sont aussi sur le point de perdre une maison. Un lieu qui leur était cher, où avaient lieu chaque année les retrouvailles familiales, où chacun y retrouvant ses habitudes.
On évoqua le sort de la grande maison du bout des lèvres. Il me parla de toutes ces choses qu’on ne voyait pas, des travaux qu’il faudrait faire, d’une maladie qui dévorait les huisseries, des problèmes d’isolation qui rendaient la maison si hostile en hiver.
Le Pays des étés est un roman marqué par le deuil, mais aussi baigné d’une douce nostalgie. Le narrateur se pose en observateur du temps qui passe, évoquant ces étés en famille très ritualisés, où l’on voit, d’année en année, les enfants grandir et changer.
Les descriptions, précises et très imagées, rendent magnifiquement cette Bretagne que Pierre Adrian évoque si bien, avec ses presqu’îles battues par le vent, ses hortensias, ses ports de plaisance. Des lieux évocateurs, chargés de souvenirs et de présences, habités autant par les morts que par les vivants.
Au centre du récit, il a donc cette maison qui va être revendue, et que l’on regardera par la suite, avec tristesse, avec un sentiment de dépossession.
« On ne choisit pas de se séparer d’une maison ; on le fait pour que la vie continue. Alors, sans oublier le portail blanc, nous recommencerions ailleurs à féconder ces instants morts. Ailleurs, nous continuerions à recréer l’été. »
Comme toujours, la prose de Pierre Adrian est sobre, directe, précise et sans superflu, empreinte d’une infinie délicatesse. Le récit progresse doucement, avec, ici et là, une multitude de petits détails et une attention portée aux choses et aux objets, tous témoins d’une vie disparue, d’une époque qui s’efface peu à peu.
Malgré les drames qui hantent ce récit, il s’en dégage sans cesse une forme de lumière, douce et réconfortante, avec des mots qui disent beaucoup sur les rapports familiaux, les retrouvailles dans les grandes maisons de famille et les choix douloureux qu’il faut faire au moment de se séparer de biens auxquels sont liés de nombreux souvenirs.
Le Pays des étés est un roman qui évoquera les vacances et qui donnera forcément envie de partir en Bretagne, de retrouver les sensations, les couleurs et les odeurs évoquées au fil des pages. Des souvenirs qui, sans doute, feront écho à des choses vécues par chacun d’entre nous.
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Benoit RICHARD
