Dans L’adolescence du perroquet, Amélie Nothomb raconte la relation improbable entre un chroniqueur de radio passionné par le Louvre et un perroquet. Un court roman à la fois léger, drôle et absurde.

Pour son 35e roman, Amélie Nothomb nous propose, en 160 pages, l’histoire d’Alban, un célibataire dans la quarantaine, chroniqueur radio à France Inter. Le narrateur, amoureux inconditionnel du Louvre, décide un jour, après avoir lu une petite annonce, d’adopter un perroquet : un gris du Gabon prénommé Jo. Un oiseau d’une intelligence redoutable, que connaît bien l’autrice, passionnée de volatiles en tout genre depuis l’âge de 11 ans.
Après des débuts quelque peu compliqués, où chacun doit apprivoiser l’autre, une véritable complicité s’installe peu à peu entre ces deux êtres que tout semblait pourtant opposer. Le narrateur en vient à considérer le perroquet comme son enfant et lui offre tout son amour. S’engage alors une forme de dialogue entre les deux protagonistes, l’oiseau répétant les paroles de son maître, parfois de façon aussi surprenante qu’inattendue.
Au fil d’une histoire qui se déroule pendant le confinement, le narrateur raconte l’évolution de cet animal peu fait pour la solitude, qu’il a recueilli tout petit, qu’il nourrissait à la seringue avec du lait végétal et qu’il voit grandir, changer de caractère et entrer dans l’adolescence, avec tout ce que cela implique. Pas facile de gérer un adolescent de nos jours… Alors un perroquet adolescent, vous n’imaginez même pas le travail que cela représente ni les désordres que cela peut engendrer.
On retrouve ici le ton léger, absurde et ironique d’Amélie Nothomb, dans ce court roman en forme de conte qui se lira avec plaisir le temps d’un voyage en train. Un livre où l’on sourit souvent aux anecdotes mettant en scène ce couple improbable et la relation pour le moins absurde qui se noue entre eux. Un roman qui pourrait sans peine être adapté au théâtre, tant l’essentiel de l’action se déroule dans l’appartement du narrateur.
On l’aura compris, ce livre est bien différent du précédent, Tant mieux, qui racontait la vie de la mère et de la grand-mère de l’écrivaine. Il confirme en tout cas l’éclectisme de l’autrice belge, jamais avare de sujets originaux.
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Benoit RICHARD
