[Essai] « Johnny Cash At Folsom Prison : (Re)Naissance de l’homme en noir

Dans Johnny Cash At Folsom Prison, Marc Meganck raconte le poids dans le parcours personnel de Cash et l’importance pour l’Amérique de son époque d’un album enregistré derrière les barreaux.

At Folsom Prison MEA

Avec Johnny Cash At Folsom Prison, Marc Meganck revisite un album live mythique de l’histoire de la musique populaire américaine, classique country mais pas que.

johnny-cash-at-folsom-prison-couvertureLe livre débute par le récit de la découverte de Cash par son auteur, choix toujours appréciable tant un album est autant pour le mélomane une pochette et des chansons que le moment précis où il entre dans la vie de ce dernier. Cash est donc découvert par l’auteur via ses grands albums de fin de carrière, des albums marqués entre autres par le souvenir des excès passés, des références bibliques et un désir de rédemption à l’approche de la mort.

Ce qui permet d’amener le contexte de la conception de l’album : un Cash en pleine désintoxication qui veut remettre de l’ordre dans sa vie et se rapprocher de June Carter. En parallèle à cette partie sont évoqués l’histoire de la prison de Folsom et le contexte contre-culturel des années 1960 inséparable de l‘impact de l’album.

L’album raccorde la country au Zeitgeist des années 1960 et, même si le livre ne le dit pas, annonce la Outlaw Country de la décennie 1970. Le livre est assez pédagogue concernant le lexique de la country pour les non-connaisseurs. Meganck évoque les circonstances et les détails techniques de l’élaboration de l’album (par exemple le rajout de certaines réactions du public en post-production).

Puis c’est l’examen de l’iconique pochette et d’un titre par titre. Pour ces derniers, au-delà des compositions de Cash (Folsom Prison Blues bien sûr dont la popularité offrit à Cash un show télévisé… et un pouvoir de fascination discutable du côté des rappeurs), est révélé à quel point des compositions anciennes interprétées par Cash semblent synchrones des enjeux des sixties.

Une fois cette revue des troupes faite, le livre évoque l’après, le succès, le creux des années 1980 et la fin de carrière réussie. Mais aussi la pérennité du principe du « live derrière les barreaux ». Les seules limites sont celles du format court. Qui ne permet pas, et c’est normal, de consacrer plus de temps à détailler l’héritage musical direct de l’album, couvrant entre autres le Springsteen de Nebraska, toute l’œuvre de Nick Cave et la rébellion des Countrymen Kris Kristofferson, Guy Clark et Waylon Jennings.

Tandis que Cash poursuivra la démarche de l’album au travers de Man in Black, chanson directement rattachée à la guerre du Vietnam bétonnant son statut de mauvaise conscience de l’Amérique de la période.

Ordell Robbie

Johnny Cash At Folsom Prison
Essai de Marc Meganck
Editeur : Densité
120 pages – 15,00 €
Parution : 18 août 2026

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