Flashback sur quelques événements marquants de RES 2026 : alors que quarante mille personnes essayaient d’atteindre une place d’où bien voir The Cure, il était sans doute plus avisé de parier sur Mogwai, comme l’on fait nos rédacteurs…

Si on avait tant envie de revoir Mogwai, alors que notre dernier concert du groupe de post-rock écossais ne date que de février 2025, c’est que la rumeur a couru que Mogwai avait offert à la Route du Rock le meilleur concert de l’édition 2026 : du coup, on n’en espérait pas moins pour Rock en Seine…
Et de fait, ce soir, ça va être très vite « plié » : dès le premier titre – oui, le premier –, qui n’est pas moins que God Gets You Back, la superbe ouverture psyché – où il y a même des vocaux ! – du dernier album, The Bad Fire (un titre dont on avait trouvé qu’il chassait un peu sur les terres du meilleur My Bloody Valentine !), quand la guitare de Stuart Braithwaite entre en action, on sent nos poils qui se dressent, les larmes qui nous montent aux yeux, le grand frisson qui arrive… Ce grand frisson que nous recherchons encore et encore dans la musique. Nous nous regardons, incrédules, entre fans massés au premier rang, impossible de mettre des mots sur cette sensation… Mogwai est vraiment immense…

Mais là où ce set d’une heure et dix minutes – un peu plus long que le temps prévu, ça nous change des raccourcis de Dry Cleaning et Wolf Alice sur la même scène durant l’après-midi ! – est exceptionnel, c’est que la même chose, le même frisson se reproduit, mais encore plus fort, au second titre, le bien nommé Hi Chaos avec son crescendo imparable. Et puis au troisième… I’m Jim Morrison, I’m Dead (on adore le titre de ce morceau !)…
Ce ne sera ensuite que du bonheur, au fil d’une setlist qui nous paraîtra l’une des plus parfaites que nous ayons entendu de la part de Mogwai depuis longtemps. Et oui, ils joueront le magique Auto Rock, l’un de leurs titres où c’est le piano qui mène la danse, et même leur single « grungy » et chanté (!), Fanzine Made of Flesh… Le tout sans que nous redescendions réellement de notre nuage pendant cette heure et dix minutes. Et tout se conclura sur l’enchaînement du très radical We’re Not Here et de l’incontournable fresque épique qu’est toujours Mogwai Fear Satan, avec ses breaks « infernaux ». Et dans un déluge aveuglant et éblouissant de lumière et d’électricité (pas très sympathique pour les épileptiques, pour le coup !), qui nous emporte, hébétés, mais extatiques, vers des rivages inconnus.

On n’a rien dit ici de la scène – dont la seule décoration consiste en un drapeau palestinien à droite et un drapeau transgenre (rose, blanc et bleu) à gauche, marquant l’engagement politique soutenu du groupe -, ni des musiciens – comme toujours discrets, s’effaçant derrière leur musique, tous les cinq pleinement concentrés sur leurs instruments et sur la construction de leurs univers sonores : à un concert de Mogwai, la musique s’écoute plus qu’elle ne se regarde, et l’aventure proposée est avant tout intérieure. Et ça a été encore plus vrai cette fois que jamais.
Quand ce fut terminé, après nous être tous congratulés joyeusement, étourdis de bonheur, d’avoir eu « la sagesse » de parier sur Mogwai, il ne nous restait plus qu’à regretter qu’une partie du public ait déserté la Scène BoursoBrank avant la fin du concert, pour se mieux placer devant la Grande Scène, ce qui était sans doute inévitable. Nous, nous n’avions plus qu’une solution : quitter Rock en Seine, pour garder précieusement, très précieusement dans notre mémoire et notre cœur le souvenir de cette musique tout simplement idéale.
Tout ce que nous attendons d’un concert de Rock, Mogwai nous l’a donné ce soir.
Merci, Rock en Seine !
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Eric Debarnot
Photos : Robert Gil
Mogwai à Rock en Seine (Saint-Cloud)
Production : AEG Presents France
Date : 30 août 2026
Leur dernier album :
Mogwai – The Bad Fire
Label : Rock Action / [PIAS]
Date de parution : 24 janvier 2025
