Dynamite Shakers – MARILYN : tout change…

Avec MARILYN, tout change – ou presque – chez Dynamite Shakers : c’est une révolution que nous n’attendions pas, mais finalement, elle marque l’ouverture du groupe vers de nouveaux horizons. Stimulant !

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Dynamite Shakers à Rock en Seine – © Robert Gil

Ayant admiré et soutenu la trajectoire des brillants Dynamite Shakers, héritiers inespérés de la meilleure tradition du Rock garage, la découverte de MARILYN, leur second album après un Don’t Be Boring qui capturait bien l’essence du groupe, constitue un choc. Car, avec ce second opus, tout change.

2026 08 29 Dynamite Shakers RES J4 AlbumNotre première réaction, pas très intelligente mais nous l’espérons, excusable, étant donné le plaisir que « Dynamite Shakers V 1.0″ nous ont donné sur scène, a été… une légère déception. Ce passage au français sur quasiment tous les titres est-il une soumission aux diktat de Barclay, leur nouvelle maison de disques qui lorgne sur un possible succès « à la Téléphone« , voire à un renouvellement du hold up un peu grotesque des baby rockeurs (qui ne chantaient pas tous en français, nous l’admettons…), chers à Manœuvre, il y a une quinzaine d’années ? Et puis, on repère le nom de Lionel Limiñanas à la production, immédiatement rassurant : oui, il est possible – et c’est d’ailleurs l’un de nos souhaits réguliers – de faire un bon rock chanté en français… Mais dans le cas des Dynamite Shakers, on ne pouvait s’empêcher d’y voir un adieu aux racines du groupe, à l’école adorée des Fleshtones et compagnie.

Et de fait, si MARILYN s’ouvre sur une cavalcade rock-punk bien dans l’esprit originel du groupe (Scellé au sol), et se referme quarante minutes plus tard sur un morceaux encore plus furieux, l’enthousiasmant Equipage Ravage, entre ces deux brûlots, bien des choses différentes et nouvelles se passent.

L’une des mutations les plus importantes des Dynamite Shakers est le positionnement de la bassiste Lila-Rose Attard comme chanteuse au premier plan, à égalité, voire devant Elouan Davy, la voix « originelle » du groupe. Dès CINEMA, l’indiscutable « single » de l’album, qui prouve que Dynamite Shakers savent écrire des chansons plus « grand public », accrocheuses, sans sacrifier leur élégance, il est clair que c’est là un excellent choix : Lila-Rose a une voix intéressante, singulière, qui aide le groupe à acquérir une idée « française » crédible. Mieux encore, la combinaison des deux voix masculine-féminine est un axe stimulant, pas encore assez développé sur cet album, mais qui est une piste sérieuse pour la suite (c’est bien sûr le « modèle parfait » que constitue X qui nous est venu à l’esprit).

La troisième évolution du groupe, c’est son ouverture à des genres musicaux s’éloignant de son pré carré : on remarque dès la première écoute le très bon Black Out, avec la participation des Limiñanas, qui crédibilise une version plus psychédélique de la musique de nos Vendéens. Mais il y a aussi une tentative quasiment blues sur Oh, Darling, et de nets ralentissements du rythme sur Spleen de toi, où le chant de Lila-Rose crée une belle atmosphère sensuelle, voire sentimentale, ou sur Par le vide, l’un des morceaux les plus ambitieux du disque.

Bon, les amateurs de rock bien violent ne seront pas perdus pour autant, des choses comme A Smile Won’t Change a Thing (en anglais !), Démarche cisaillée, ou W.yd.cry constituent à coup sûr un nouveau réservoir de brûlots pour les prestations live survoltées auxquelles Dynamite Shakers nous ont habitués.

Quant aux textes, français oblige (et c’est une bonne chose pour le coup), ils manifestent des velléités de chroniquer la vie de leurs auteurs, et de leur génération. Le plus significatif est celui de Night Club, chanson de confrontation avec une certaine mythologie rock (Doherty est cité !), avec ceux qui jouent au rock, ceux qui se donnent une allure rock, ceux qui reproduisent les poses et les attitudes.

Si l’on peut toutefois regretter que certaines chansons soient moins mémorables, en particulier mélodiquement, qu’on le voudrait (il faut bien que le groupe ait encore une marge d’amélioration, non ?), il n’y a aucun doute pour nous que, une fois la surprise passée, Dynamite Shakers sont en train de s’ouvrir à d’autre manières de faire du Rock, d’explorer leur potentiel. Et ça, c’est une excellente nouvelle.

Eric Debarnot

Dynamite Shakers – MARILYN
Label : Universal Music Division Barclay
Date de parution : 28 août 2026

 

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