Retour sur un coup de cœur de 2018 avec cette aventure auprès des marins-pêcheurs de Tasmanie dans des eaux très très agitées, celles des fameux Quarantièmes rugissants, pour une sacrée campagne de pêche à l’or orange, la langouste de la Mer de Tasman.

Vous avez sans doute déjà vu ou lu le nom du français David Fauquemberg qui est connu comme traducteur d’auteurs écossais. Mais il est aussi reporter pour le magazine Géo et connait très bien les antipodes où il a beaucoup voyagé et d’où il nous a rapporté quelques romans dont ce Bluff (un port de pêche de Tasmanie).
C’est tout là-bas, dans ce dernier poste avancé de l’humanité, dans les terres habitées et les mers les plus australes, que le frenchy a choisi de nous embarquer pour une sacrée partie de pêche. Une campagne de pêche à la langouste (crayfish en VO), l’or orangé de la Mer de Tasman.
« Crayfish, le mot était dans toutes les bouches : l’or rouge orangé de Bluff, la langouste du Sud dont la saison allait ouvrir. Les pêcheurs parlaient quotas, exportation. À quelle hauteur les marchés asiatiques placeraient-ils la barre, cette année ? En septembre, les pêcheries de la région avaient le monopole et les prix s’envolaient, ils pouvaient dépasser soixante-dix dollars le kilo, vingt de plus pour les pièces de belle taille, pourquoi ne pas rêver des cent dollars ? »
C’est un véritable page-turner, un vrai thriller qui au passage, nous en apprend beaucoup sur les migrations du Pacifique : celles des polynésiens bien sûr, celles de certains étonnants oiseaux, celles des huit houles de l’océan et même celles des langoustes !
Dans ce roman, on sent le souffle violent des vents marins mais aussi celui de l’aventure (passionnante, façon thriller) avec cette histoire de pêche ou de chasse aux crustacés, au cœur d’une mer déchaînée, celle des Quarantièmes rugissants. Un roman entrecoupé des récits (passionnants, façon Histoire de la mer) des grandes navigations polynésiennes dont l’auteur sait nous faire sentir le souffle épique, quelque part entre Histoire des explorateurs et légendes des Héros.
Les esprits chagrins pourront reprocher à Fauquemberg d’en faire un tout petit trop dans le style dépliant touristique et nostalgique sur les gentils sauvages polynésiens aux traditions ancestrales pollués par les colons blancs, façon Vaiana de Disney, mais l’auteur est avant tout un formidable conteur d’histoires et tout comme les vagues de la Mer de Tasman, ses récits épiques emportent tout dans leurs déferlantes, lecteur compris.
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Bruno Ménétrier
