10 films incontournables des studios Ghibli à voir sur Netflix

Le catalogue du célèbre studio d’animation japonaise Ghibli, qui a vu l’émergence de talents comme Miyazaki et Takahata, est désormais disponible depuis de début février, sur Netflix.

L’occasion de vous présenter dix perles à voir ou revoir de toute urgence !

Le voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001)

La petite Chihiro accompagne ses parents dans une promenade sylvestre qui doit les conduire vers leur nouvelle maison en banlieue. Alors qu’elle prend un raccourci à travers un tunnel peu emprunté, la petite famille se retrouve soudain en territoire inconnu. Le chef d’oeuvre absolu d’Hayao Miyazaki où comment Le Roi Et L’Oiseau rencontre Alice Au Pays Des Merveilles. Un monde à la fois complexe et limpide, épris de shintoïsme et de symbolisme mystique, Le Voyage de Chihiro n’est sans doute pas l’oeuvre la plus abordable du maître japonais se rapprochant de ses combinaisons les plus adultes mais c’est sans doute son dessin animé le plus crypté et le plus mystérieux.

Mon Voisin Totoro  (Hayao Miyazaki, 1988)

Tokyoïte, le père de Mei et Satsuki s’installe à la campagne pour se rapprocher de l’hôpital où est soignée la maman de ses deux petites filles. L’installation dans cette maison en lisière de forêt, épreuve qui s’ajoute à l’inquiétude pour un proche, est le point de départ d’une aventure onirique quand, tombant dans un trou telle l’Alice de Carroll, Mei fait la rencontre d’un des esprits légendaires de la forêt nipponne : un Totoro. Réconforts magiques et témoins des peines, des craintes et des angoisses des deux filles, les totoros accompagnent la petite enfance confrontée à des soucis qui risqueraient sinon d’en amocher l’insouciance. Ode à la nature et à l’innocence de l’enfance, ce chef d’œuvre de Miyazaki a déjà 31 ans. Il est sans doute le plus fédérateur des films du studio Ghibli et en tous cas sa meilleure carte de visite.

Le Tombeau des Lucioles (Isao Takahata, 1988)

Où comment traduire à la perfection une émotion humaine à travers des images animées ? Le grand maître Isao Takahata fait bien plus que de raconter une histoire bouleversante, celle de deux enfants tyrannisés par les événements de la seconde guerre mondiale. Il pose un regard à la fois humaniste et sans concession sur un chemin de croix inexorable dont on peut déjà deviner l’issue. On ne sort pas intact du visionnage du Tombeau des Lucioles, on n’est plus vraiment le même ensuite. Un chef d’oeuvre de larmes et de rires parfois.

Porco Rosso (Hayao Miyazaki, 1992)

Quelque part entre le romantisme moderne de Corto Maltese et les souvenirs de Saint Exupéry, il y a Porco Rosso, l’aviateur émérite au groin de porc, qui écume les cieux sublimes de l’Adriatique, autant à la recherche de l’aventure qu’en fuite devant son passé (être amoureux de la femme de son ami) et le présent (la montée du fascisme dans l’Italie sinistrée de l’après première guerre mondiale). Ce film est un chef d’œuvre – encore un – d’émotion retenue, de non-dit (au risque de la frustration du spectateur, voir l’incroyable fin en pointillés, à vous tirer des larmes), et d’images sublimes.

Kiki la petite sorcière (Hayao Miyazaki, 1989)

Kiki est probablement le film le plus familial – et presque réservé aux enfants – du studio Ghibli. Il n’empêche : à travers les péripéties de cette petite sorcière, débrouillarde et indépendante, pour s’affirmer dans un monde d’adultes et poursuivre ses rêves, Miyazaki signe en filigrane un vrai plaidoyer pour l’égalité hommes-femmes. Si le voyage initiatique – thème cher au réalisateur, qu’il peaufinera avec Chihiro – reste le sujet principal, l’affirmation féminine y est omniprésente, tant par la puissance des personnages principaux, tous féminins, que par Kiki évidemment, modèle de fragilité enfantine et de détermination engagée. Sous les cieux, derrière les chansons et les magnifiques paysages aériens, sous l’innocence de moments doux, très enfantins et poétiques, une jeune sorcière rebelle.

Le château dans le ciel (Hayao Miyazaki, 2003)

Quand une jeune fille tombée du ciel rencontre un jeune aventurier en herbe, ça donne Le château dans le ciel, film de quête et de péripéties échevelées où des pirates de l’air croisent des robots géants, une mystérieuse cité dans les nuages des machineries volantes en tout genre, l’amitié le courage et la tolérance. Hayao Miyazaki laisse ici libre cours à sa passion pour l’aviation, six ans avant Porco Rosso, et s’inspire des récits de Jules Verne et de Jonathan Swift qu’il entremêle à ses thèmes de prédilection pour livrer un joli conte animé, aussi ébouriffant que poétique.

Mes voisins les Yamada (Isao Takahata, 1999)

La magnificence d’un dessin faussement naïf, réduit (comme on réduit une sauce pour lui conférer plus de goût, pour en atteindre l’essence même) à des traits griffonnés et quelques taches de couleurs, préserve l’essentiel du comic strip quotidien dont Mes Voisins les Yamada est issu. En conciliant gravité et légèreté, intimisme et amplitude, précision du détail et dérive improbable du rêve, Isao Takahata réalise ici une oeuvre à la fois enjouée et cruelle, à mi-chemin entre le documentaire dessiné et la fable en roue libre, un peu déroutante, mais finalement très précieuse.

Le conte de la princesse Kaguya (Isao Takahata, 2013)

Le travail d’orfèvre de la sélection. Takahata, à qui l’on doit déjà la splendeur tragique du Tombeau des lucioles et qui adore changer de technique d’animation à chaque film, reprend un conte médiéval japonais (une princesse est découverte dans une tige de bambou, deviendra adulte et au centre de nombreux enjeux tant sentimentaux que sociétaux…) et le pare de sublimes croquis à l’aquarelle, dans des tons doux et pastels, qui donnent au conte assez incroyable et cruel une atmosphère onirique et faussement douce. Le résultat est absolument superbe, et l’occasion pour tous ceux qui l’ont raté à sa sortie de découvrir cette beauté du film d’animation tout court.

Princesse Mononoké (Hayao Miyazaki, 2000)

À la fois épopée historique, fable écologique et manifeste féministe, Princesse Mononoké est un spectacle éblouissant s’inspirant de légendes et de mythologies japonaises (dieux-animaux, fille-louve, samouraïs, démons et merveilles de la Nature). Le film fait figure, avec Le voyage de Chihiro, de quintessence du style Miyazaki dans ses richesses thématiques et esthétiques. Et c’est là sans doute son film le plus complexe et le plus sombre (et qui, enfin, l’imposera pour de bon sur la scène internationale) évoquant les beautés de notre monde avec lesquelles nos sociétés, si promptes à les utiliser et à les corrompre, se doivent d’être en harmonie.

Le château ambulant (Hayao Miyazaki, 2005)

Le coup de génie du Château ambulant est faire de son héroïne une femme âgée. L’univers propre au réalisateur est incorporé de façon très homogène au roman Howl’s moving Castle qui a servi de base à ce film d’animation. Transporté dans un monde en apparence idyllique mais au bord d’une crise militaire et où la magie est un commerce, le spectateur prend plaisir à suivre les aventures de Sophie au fil de ses rencontres. Et même si Miyazaki recycle ici des éléments de ses précédents films, Le château ambulant n’est reste pas moins une oeuvre majeure, pleine de trouvailles visuelles et narratives.

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