[Interview] Flying Blanket Mystery : « Quel nom étrange ? »

Parmi les nombreuses villes françaises où la jeunesse s’adonne sans retenue au Rock le plus débridé, il y a Rouen. Et à Rouen, nous avons rencontré le trio Flying Blanket Mystery, adepte d’un punk garage festif et bruyant., pour qu’ils partagent avec nous un peu de leur énergie et de leur enthousiasme.

Flying Blanket Mystery

Le trio Flying Blanket Mystery vient de sortir son deuxième EP, le réjouissant Shit In, Shit Out. Originaire de Rouen, le groupe enflamme ses fans avec ce qu’ils appellent du « punk garage festif à paillettes ». Gros riffs, mélodie, rythmique simple mais efficace se mêlent à des vocaux un tantinet goguenards en un cocktail euphorisant. Cet appétit pour la joie se traduit par des pochettes cartoonesques et un look hippie, hip hip hourra. Axelle (batterie et chant), Hubert (basse et chœurs) et Will (guitare et chant) nous en disent plus sur ce gang de joyeux drilles.

Benzine : Question inévitable pour commencer : d’où vient votre nom étrange ?

FBM : Un nom étrange ? Quel nom étrange ? On ne peut donner aucun indice sur la signification du nom Flying Blanket Mystery mais sache que ces trois mots ne sont pas pris au hasard. C’est Hubert qui a proposé ce nom (avec sa signification) et le groupe a tout de suite été d’accord…

Benzine : Au début du groupe, vous avez connu quelques changements de « personnel ». Comment avez-vous vécu ces mouvements ?

FBM : Ça a été une drôle de période avec pas mal de remise en question. Félix, chanteur guitariste de Flying est parti vivre à Londres quelque temps après la création du projet. Il a donc fallu qu’Axelle et Hubert apprennent à chanter en jouant de leurs instruments. Ils faisaient déjà régulièrement les chœurs, mais ça a été une grosse adaptation. Ensuite, ils ont recherché un nouveau guitariste au sein de leurs connaissances et c’est l’artiste Just Alone qui leur a présenté William. Il a dû apprendre le set en express car plusieurs dates étaient déjà bookées avant son arrivée.

Benzine : Les voix sont partagées entre Axelle (batterie) et Hubert (basse). Comment se fait la répartition ?

FBM : Il n’y a pas vraiment de règles pour ça. Le plus souvent, il y a des harmonies entre les deux voix, mais quand il y a un lead spécifique, on choisit en fonction de la tessiture, du style de chant ou du sujet du morceau. On se demande qui est le plus à même de représenter / d’incarner ce qui est écrit.

Benzine : Vous évoluez dans un registre punk, garage, voire métal. Êtes-vous d’accord avec ce cocktail – sur certains morceaux j’ai l’impression d’entendre Nirvana si Cobain avait préféré le protoxyde d’azote à l’héroïne…

FBM : Yes, c’est vrai qu’on est dans la grande case du Punk Garage, ce qui nous va très bien. On a rarement associé le Métal à notre musique, mais c’est vrai que l’énergie qui est transmise dans nos morceaux, certains passages musicaux s’en approchent – ce qui nous va très bien aussi ! Concernant Nirvana, outre la coupe de cheveux, on a peut-être un côté trash qui pourrait nous en rapprocher, mais avec l’objectif de faire la fête ! Ce qui fait une belle différence. Il n’y a pas vraiment de mélancolie dans nos chansons.

Shit In Shit OutBenzine : Justement, quels sujets abordez-vous dans vos paroles… et que signifie le titre de votre dernier EP ?

FBM : Notre nouvel EP Shit In Shit Out aborde évidemment le thème fétiche de Flying Blanket Mystery : les fiestas ! On parle pas mal de nos expériences de soirées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. On évoque également l’écologie et la protection de l’environnement dans le morceau Contemplating par exemple. Shit in Shit Out est une expression utilisée par les ingés sons qui signifie que si ton enregistrement est pourri, même le meilleur ingé du monde ne pourra pas le rendre miraculeux. On a appris ça à nos dépends haha !

Benzine : Avez-vous donc progressé dans ce domaine entre Popcorn, votre premier EP, et Shit In, Shit out ?

FBM : Oui énormément car le premier disque a été fait maison (enfin, garage…) dans sa quasi intégralité, sachant qu’aucun de nous n’est ingé son… Il a été enregistré par nos soins dans le garage des parents d’Axelle. Le deuxième a bénéficié d’un studio (La gare aux musiques) et d’équipements de bien meilleure qualité, avec de vrais ingés sons. C’était beaucoup plus structuré, et aussi plus long : deux semaines, comparé à six jours pour le premier. Mais dans le fond, on enregistre toujours de la même manière, instrument par instrument. Pour ce qui est du mixage et du mastering, aujourd’hui on prend beaucoup plus de temps pour écouter les mixes intermédiaires, et surtout on le fait avec notre équipe (Rets Management) et nos amis proches.

Benzine : Vous travaillez en autoproduction. Comment vous y prenez-vous pour financer vos enregistrements ?

FBM : On a eu la chance de se faire accompagner par des structures comme le 106 (Rouen) et la Gare aux Musiques (Louviers), et on a été financés par le programme « Go » de Norma. Tout cet accompagnement local nous à permis d’enregistrer, de faire les clips et sortir notre merch. Bien sûr, il y a eu une grosse partie qui a été financée via notre association avec une trésorerie  essentiellement constituée lors des concerts et par la vente de merch depuis la création du groupe.

Benzine : Quels groupes vous ont inspirés… et quels groupes actuels (en activité) appréciez-vous (avec lesquels rêveriez-vous de partager la scène – tout est permis !)

FBM : On est tous très fan de rock australien avec des groupes comme Stiff Richards, The Chats, Amyl & the Sniffers ou encore King Gizzard & the Lizard Wizard. Il y a une richesse sonore chez ces groupes qui nous plaît beaucoup. Airbourne (pour rester en Australie) est également une source d’inspiration notamment pour l’énergie qu’ils balancent dans leurs shows et la manière dont le public communie avec eux. Jouer avec Airbourne (ou n’importe lequel des groupes cités ci-dessus) serait incroyable, surtout s’ils nous prêtent leurs amplis !

Benzine : Look hippie, musique énervée. Pourquoi ce contraste ? 

FBM : A vrai dire, on ne change pas vraiment de look entre les concerts et le reste. Le côté hippie est surtout dû aux cheveux longs, avec lesquels on vit tous les jours – pour le moment. Après, c’est vrai qu’on essaye d’avoir une unité vestimentaire sur scène, ce qui peut passer par des couleurs spécifiques, et c’est aussi une volonté de ne pas garder la panoplie classique du rocker. On a troqué le perfecto en cuir pour des pantalons rayés et des guitares à paillettes (Groovy Baby).

Benzine : L’humour est important dans le groupe (clip, pochette..). La musique est-elle une activité sérieuse ?

FBM : On aime beaucoup mettre de l’humour dans notre univers sans pour autant faire des chansons humoristiques ou parodiques. Notre humour est bien spécifique, un peu absurde et se retrouve notamment dans les clips ! On adore jouer sur les quiproquos et les situations grotesques. C’est notre manière d’envelopper notre univers et c’est comme ça qu’on veut que le public découvre notre musique. En aucun cas, ça ne remet en cause la rigueur de notre travail musical. Une fois que le morceau est créé et que les fondations sont solides, on peut s’amuser : c’est tout le propos du groupe.

Benzine : L’extra-terrestre dans un esprit trash est-il appelé à devenir votre mascotte ?

FBM : C’est vrai qu’il s’incruste sur nos deux pochettes de disque. Sur la pochette du premier EP, il est arrivé un peu par hasard car on avait surtout en tête d’y mettre le Van. Sur la seconde, jusqu’au dernier moment on était pas non plus partis sur un alien, mais ça s’est finalement présenté comme une évidence ! D’ailleurs, merci à Lou et Léonore pour ces deux visuels toujours aussi incroyables ! L’alien s’est même invité pour jouer un morceau avec nous lors de notre release party au 106 (Rouen) en mars dernier (il est d’ailleurs très sympa). On verra à l’avenir si il est encore de la partie ou pas, mais rien n’est joué d’avance.

 Benzine : Vous venez de Rouen. Comment est cette ville, musicalement, culturellement… et autrement ?

FBM : C’est une ville extrêmement riche d’un point de vue culturel. Pas uniquement musicalement, mais sur tous les axes. Que ce soit avec l’histoire de la ville, l’architecture, les arts graphiques, le cinéma… Il y a plein d’assos avec des personnes super qui partagent leurs passions. C’est très inspirant pour nous, et on essaye de travailler quand c’est possible avec des assos et artistes locaux : Tracknard pour sérigraphier des t-shirts, Archimède-films pour filmer des clips, LSA Tattoo pour la pochette de Shit In Shit Out… D’un point de vue musical, Rouen grouille aussi de groupes de tout poil. La scène locale est riche et diverse, et il n’y a quasiment pas un soir sans qu’un concert ait lieu quelque part. C’est vraiment chouette de vivre à cet endroit.

Benzine : Vous multipliez concerts et apparitions en festival. Que représente la scène pour vous, et comment décririez-vous un concert de Flying Blanket Mystery ? (question perso : étant des Hauts-de-France, puis-je espérer vous voir sous peu dans cette région ?)

FBM : C’est le cœur du réacteur pour Flying. Comme on le disait tout à l’heure, on aime transmettre notre énergie au public et que le public nous la restitue en retour. C’est vraiment cet échange qui nous anime. On travaille depuis un an avec un tourneur (Poseur Export) ce qui nous donne accès à plein de dates super cools. Pour le moment, notre tournée se concentre sur la Normandie, la Bretagne et les Pays de la Loire. Cependant, on va faire notre première date dans les Hauts de France cet été pour les Celebration Days à Cernoy (60). Toutes nos dates sont dispos sur le site de Poseur Export.

Benzine : Un mot sur votre récent concert à la Fête du Surf ? Le décor semblait merveilleux. Avez-vous joué dans d’autres lieux qui sortent de l’ordinaire ?

FBM : Oui c’était incroyable, on a joué avec le coucher de soleil et le beau temps normand ; si si, du soleil ! On a donné deux concerts dans la même journée ce jour-là : les Papillons de Nuit en début d’après midi et la Fête du surf en début de soirée. C’était intense en termes de fatigue mais le public nous a donné une vraie force. On a adoré. On a aussi joué il y a quelque temps au SquareFest de Grand-Couronne (Normandie) dans un amphithéâtre en plein air. C’était assez magique comme lieu.

Benzine : Deux EPs au compteur. Un album est-il en prévision ?

FBM : Haha, grande question ! On travaille en effet sur la suite mais on est pas du tout fixés sur le format. On a toujours envie de sortir de nouveaux morceaux et de les défendre en live. C’est d’ailleurs une partie importante de notre approche :  est-ce que le morceau fonctionnera en live ou pas ? Pour le moment, on compose plein de choses et on discutera avec notre équipe pour définir une stratégie de sortie et donc un format !

Propos recueillis par Christophe Grès

Flying Blanket Mystery – Shit In Shit Out (EP)
Label : iMusician | Flying Blanket Mystery
Date de parution : 6 mars 2026

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.