[Live Review] Rock en Seine 2026 : le dimanche

Dernier jour d’un festival marathon, à la programmation pléthorique, dans des conditions météo incertaines mais loin d’être aussi mauvaises que prévu… avec The Cure en cerise bien goûteuse sur le gâteau !

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THECURE – © ROXANEMO

Avouons que nous commencions chez Benzine à être un peu fatigués, mais il n’était pas question de faire l’impasse sur ce dimanche, épargné également par les pluies annoncées : il y avait The Cure, événement en soi, mais également une bonne dizaine de groupes et d’artistes également incontournables pour clôturer cette prestigieuse édition 2026 de RES.

Dry Cleaning – scène Boursobank – 15h45

Dry Cleaning – Secret LoveQui sont-ils ? Un groupe de post-punk anglais (un vrai, pour le coup, il ya quelque chose de Joy Division dans leur son, en particulier de guitare) formé dans le sud de Londres en 2017. La « chanteuse » Florence Shaw utilise le « spoken word » comme moyen d’expression, tandis que le guitariste Tom Dowse est un véritable virtuose de la six-cordes.

Leur dernier album : Secret Love – Label: 4AD – Date de parution : 9 janvier 2026

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Notre opinion : Dry Cleaning, c’est sans surprise. Le Spoken Word atone de Florence Shaw posé sur une musique pour le coup réellement cold wave qui, elle, danse et flambe. Mélange de chaud et de froid original et concept intéressant. Et cet après-midi, c’est pareil à toutes les fois précédentes : ceux qui aiment ont aimés, ceux qui n’aiment pas se sont gentiment ennuyés. Tom Dowse, à la guitare, fait toujours des merveilles, mais est beaucoup moins boute-en-train que d’habitude. Lewis Maynard, à la basse, danse donc avec un enthousiasme communicatif. Les pics d’intensité apparaissent après 15 minutes, mais pourraient être plus nombreux. Ils terminent leur set 5 minutes plus tôt, ce qui ne traduit pas une motivation extraordinaire. Donc, à la fin, les frontières n’ont pas bougé. Un jour, peut-être ? [Photo : ROXANEMO]

Slowdive – Grande Scène – 16h25

SlowdiveQui sont-ils ? Un groupe anglais originaire de Reading qui est devenu au début des années 90 l’un des leaders du mouvement shoegaze avant de se séparer en 1995… Puis de se reformer en 2014, pour rencontrer un succès encore plus grand.

Leur dernier album : everything is alive –  Label : Dead Oceans/Modulor – Date de parution : 1er septembre 2023

 

RES26_JOUR05_SLOWDIVE_©ROXANEMO-08Notre opinion : C’était l’une des questions de la journée : comment nos amis de Slowdive allaient-ils s’acclimater à la Grande Scène de Rock en Seine, eux qu’on imagine plus à l’aise en salle, dans un environnement plus propice à leurs couches de synthés et de guitares et à leurs vocaux éthérés ? Le choix de l’énergique Star Roving pour démarrer est de bon augure : Slowdive s’est donné les moyens d’être un grand groupe de festival. La voix de Rachel Goswell émeut, les guitares de Neil Halstead et Christian Savill hypnotisent, le son est parfait : pardon d’avoir douté ! Quant à la sélection de morceaux, elle donne une évidente priorité à l’album vénéré Souvlaki, tout en proposant une excellente sélection de titres récents (Sugar for the Pill ou Kisses), sans oublier Avalyn qui était spécialement réussie cet après-midi : la confirmation (si nécessaire) que leur retour il y a quelques années était plus que pertinent. Alors bien sûr, Slowdive n’est pas le groupe qui va faire réagir physiquement le public, et le tout s’écoute religieusement, mais on prend les paris que ceux des fans de The Cure qui ne les connaissaient pas ont pu avoir une révélation cet après-midi. [Photo : ROXANEMO]

Ile de Garde – Scène Roc-On Volkswagen – 16h30

Ile de Garde albumQui sont-elles ? « Trois musiciennes qui allient leurs forces pour bâtir Île de Garde, trio synthwave gothique à souhait, basé entre Paris et Nantes ». Mais nous sommes prévenus : « ça ne sera pas pour tout le monde » !

Leur dernier disque : Rage Blossom (EP) – Label : Born Bad Records – Date de parution : 20 février 2026

 

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Notre opinion : On attendait beaucoup du concert d’Ile de Garde, propulsé à Rock en Seine après seulement deux EP. Certes, ce n’était pas une grande scène, et le public n’était pas très nombreux – ce qui nous a permis de nous glisser sans difficulté au premier rang malgré nos cinq minutes de retard. Pas très nombreux, c’est vrai, mais fins connaisseurs et complètement acquis à la cause des trois Nantaises. Quand on est arrivé, le groupe s’est lancé avec force conviction dans le single Boy, avec une intro a cappella – chantée pour l’occasion -, alors qu’on était plutôt habitué au spoken word de Klara Coudrais. On a ainsi pu vérifier que le titre de leur deuxième EP, Rage Blossom, était annonciateur tant la synth pop du trio était incarné avec rage et énergie brute. Puis vint le tour de Ruines, morceau en italien engagé contre la guerre. Klara nous gratifia d’une prise de parole à la fin du morceau, aussi rageuse que leur musique, raillant avec virulence l’extrême droite. S’en suivit Marshall, Fear The Sun… Elles terminèrent par le dernier single en date, Birthday Girl. Les 45 minutes du set ont hélas filé à toute vitesse. On en redemande !

Wolf Alice – scène BoursoBank – 17h25

2026 08 30 Wolf Alice RES J5 AlbumQui sont-ils ? Un groupe londonien ayant débuté en 2010 sous la forme d’un duo acoustique, avant de s’électrifier en recrutant de nouveaux membres, et d’aller vers un mélange de rock indie et de grunge.

Leur dernier album : The Clearing – Label : Columbia – Date de parution : 22 août 2025

 

 

2026 08 30 Wolf Alice RES J5 Officielle 01Notre opinion : On nous avait prévenu que Wolf Alice avait changé. Effectué un virage commercial, loin du rock tendu des origines. Et force est de constater que, durant la première moitié du set, on a du mal à reconnaître le groupe qu’on appréciait il y a presque dix ans. Bon, la voix d’Ellie Rowsell est toujours impeccable, et ses musiciens jouent le jeu à 200% pour animer la foule, faire taper des mains, chanter, sauter, avec une bonne humeur communicative (la palme revient au bassiste, Theo Ellis, omniprésent et charismatique). A un moment, dans un bon esprit très sympathique, deux spectatrices sont invitées à monter sur scène pour chanter et danser, interlude qui se finira dans une sorte de ronde enfantine avec Ellie. Mais, soyons honnêtes, nous avons du mal à trouver ça intéressant. Et puis, à mi course, la musique change, se durcit jusqu’à devenir très forte, très intense, presque extrémiste sur deux titres (dont le féroce Yuk Foo). Prouvant qu’il reste un groupe et une chanteuse de rock derrière ce spectacle trop consensuel. Nous avons été déçus, mais pas les fans de Wolf Alice, qui semblaient aux anges. [Photo : Marina Viguier]

Interpol – Grande Scène – 18h30

Interpol - This Mirror Weighs a TonQui sont-ils ? Nul besoin de présenter Interpol, groupe new-yorkais de la fin du XXe siècle tombé tout petit dans la marmite de la cold wave britannique, et qui, depuis, a grandi en popularité sans changer réellement de style musical.

Leur dernier album : This Mirror Weighs A Ton – Label : Partisan Records
Date de parution : 28 août 2026

 

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Notre opinion : Il y a clairement eu deux concerts d’Interpol sur la Grande scène, dimanche soir. Le premier nous a laissé un sentiment bizarre nourri d’une certaine déception. Paul Banks et ses acolytes ont déroulé les morceaux, essentiellement de leur dernier album, This Mirror Weighs A Ton, sorti il y a quelques jours, sans véritablement d’âme. Heureusement, l’album en question est plutôt bon. Mais quand les New-Yorkais jouaient, on avait l’impression de l’écouter sagement comme on écoute un disque, confortablement assis dans son salon. Résultat : le public se manifestait presque mollement entre les morceaux. Il y eut un léger sursaut quand le groupe a entonné Obstacle1, tube passé sorti de Turn On The Bright Lights, leur tout premier album. Mais ce qu’on retient finalement, c’est que ce set était trop propre. Et puis soudain, alors qu’il restait quatre morceaux à jouer, comme un déclic. Et là, lendeuxième concert débuta. Paul Banks d’un coup, ne prenait plus toute la place. Le reste du combo se laissa enfin aller à des envolées instrumentales fiévreuses. La foule ne s’y trompa pas. Mais quatre morceaux, ça passe vite, trop vite pour ne pas rester sur notre faim. Dommage…

Black Country, New Road – Scène AXS – 19h35

Forever HowlongQui sont ils ? Collectif expérimental anglais formé en 2018 à Cambridge, aux débuts prometteurs (proche de Black Midi), mais qui a dû se réinventer totalement après leur second album et le départ de leur charismatique et fantasque chanteur, Isaac Wood. Depuis, ils se cherchent, et dans le processus, divisent largement l’auditoire !

Leur dernier album : Forever Howlong – Label: Ninja Tunes – Date de parution : 4 avril 2025

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Notre opinion : Les Londoniens de Black Country, New Road ont la particularité de donner des concerts plein de surprises, avec des interprétations changeantes, même si leurs setlist restent d’une grande stabilité. Musiciens aguerris, tous passés par une école de musique, groupe joyeux et sensible, il a tout à fait la place dans un festival comme Rock en Seine, mais je suis partagé entre le plaisir égoïste de profiter d’un set magique et intime avec seulement 2-300 personnes et me dire qu’ils méritaient une plus grande affluence. [Photo : Marina Viguier]

Mogwai – Scène BoursoBank – 19h40

The Bad FireQui sont-ils ? Le groupe de « post-rock » le plus marquant de sa génération est originaire de Glasgow en Ecosse. D’après Wikipédia, leur magie vient de leur musique, consistant en « de longs morceaux instrumentaux axés sur la guitare, caractérisés par des contrastes dynamiques, des lignes de basse mélodiques et une utilisation intensive de la distorsion et des effets ». Mais décrire la magie, c’est une chose impossible.

Leur dernier album : The Bad Fire – Label : Rock Action / [PIAS] – Date de parution : 24 janvier 2025

2026 08 30 Mogwai RES J5 Officielle 01Notre opinion : La rumeur courrait qu’ils avaient offert à la Route du Rock son meilleur concert, et on n’en espérait pas moins pour Rock en Seine. Et ça a été vite « plié » : dès le premier titre – oui, le premier – quand la guitare de Stuart Braithwaite est entrée en action, on a senti nos poils qui se dressaient, les larmes qui nous montaient aux yeux, le grand frisson qui arrivait, ce grand frisson que nous recherchons encore et encore dans la musique. Mais là où ce set de une heure et dix minutes a été exceptionnel, c’est que la même chose s’est reproduit au second titre, puis au troisième… Pour finir dans un déluge aveuglant et éblouissant d’électricité, qui nous emportait, hébétés, heureux, extatiques même, vers des rivages inconnus. A la fin, ivres de bonheur, nous n’avions plus qu’une solution : quitter Rock en Seine, ignorer le concert de The Cure, qui ne saurait jamais atteindre de tels sommets (désolé, Robert !). Et garder précieusement, très précieusement dans notre mémoire et notre cœur le souvenir de cette musique tout simplement idéale. Tout ce que nous attendons d’un concert de Rock, Mogwai nous l’a donné ce soir. [Photo : ROXANEMO]

The Cure – Grande Scène – 20h55

Songs of a Lost World coverQui sont-ils ? Non, mais vous plaisantez ? Vous avez passé le dernier demi-siècle dans une caverne ?

Leur dernier album : Songs of a Lost World – Label : Lost Music Limited / Universal Music – Date de parution : 01 novembre 2024

 

 

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Notre opinion : Ce sont les héros de la soirée, voire du festival : c’est la première fois qu’une soirée, et les pass incluant cette soirée, sont sold out quelques heures après leur mise en vente. Il faut dire que c’était la première date annoncée, et aussi le concert de clôture de cette tournée d’été d’une trentaine de dates. On n’a jamais vu autant de monde à Rock en Seine ! Même du fond de la fosse, le son est excellent, et tant mieux, parce que la voix de Robert Smith est impressionnante ce soir. A part Secrets, morceau oublié de leur deuxième album, et A Night Like This qui retrouve le saxo de sa version album grâce à Gabriel Cooper, le fils du batteur, la setlist est très classique. A Forest, en plein Parc de Saint Cloud est forcement magique, Play For Today avec les chœurs du public fonctionne toujours. Oui, la setlist est « classique », mais les interprétations sont sublimes, le groupe joue avec l’intensité des grands artistes qui mettent toutes leurs tripes dans leurs chansons. Eden Gallup, fils de Simon, qui a rejoint le groupe, a maintenant trouvé sa place, et a lui aussi un jeu très expressif. The Cure continue à écrire son histoire : un nouveau titre comme End song, qui clôture le dernier album et le set principal, était époustouflant ! [Photo : ROXANEMO]

Textes : nos rédacteurs
Photos : photos officielles mises en ligne par Rock en Scène – Merci à eux !

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