Mélange de genres terriblement mal exécuté entre comédie et espionnage, Ponies reste très regardable grâce à l’alchimie entre ses deux actrices principales. Ce qui n’a pas suffit à convaincre la production…

Ponies est un drôle d’objet télévisuel. Co-produit par Emilia Clarke qui devait imaginer l’utiliser pour un come back télévisuel, maintenant que la planète toute entière a oublié Daenerys Targaryen, cette série visait un positionnement « populaire » entre espionnage et comédie : un mélange de genres qui ne fonctionne que très, très occasionnellement, surtout de l’autre côté de l’Atlantique.

D’ailleurs, une lecture erronée du titre de la série (Ponies = poneys, petits chevaux…) appelle une comparaison infondée avec la géniale série TV british, Slow Horses, réussite inégalée, et sans doute inégalable, quand il s’agit de raconter des histoires d’espionnages crédibles – et passionnantes – et de nous faire rire de bon cœur grâce à des personnages décalés. Ici, Ponies est en fait l’acronyme de « Persons Of No Interest », et raconte l’histoire, située à Moscou en 1977, de deux jeunes veuves d’agents de la CIA, qui rentrent à leur tour au service de l’Agence pour comprendre ce qui est arrivé à leurs maris. Voilà donc nos deux ex-femmes au foyer lancées aux trousses des agents du KGB responsables de leur malheur, et en particulier du séduisant et effrayant Andrei, qu’il s’agit de… séduire.
Les problèmes de Ponies sont très vite évidents, dès le premier épisode, en fait, et la liste en est longue, anormalement longue même : absence totale de vraisemblance dans la reconstitution de l’URSS de la fin des seventies, intrigues absurdes, comportements aberrants de la quasi-totalité des personnages, absence dramatique de rythme dans la narration comme dans la mise en scène, et donc incapacité des scénaristes, réalisateurs et même acteurs de nous faire même sourire (et on ne parle pas de rire !). Voici donc une comédie d’espionnage qui n’est ni amusante, ni un tant soit peu intéressante. On est en droit de se demander à quoi ont pensé les showrunners, Susanna Fogel et David Iserson, pour ainsi gâcher le temps et l’argent de tout le monde !
Il faut donc être masochiste pour s’infliger les huit épisodes de ce mini-désastre industriel, nous direz-vous ? Eh bien, pas totalement, car, indiscutablement, il existe une jolie alchimie entre Emilia Clarke et sa partenaire Haley Lu Richardson (surtout connue pour sa participation à White Lotus), qui nous maintient quand même éveillés, voire même vaguement séduits. Ce « fit » entre deux actrices dépasse la complicité que sont sensées ressentir leur personnages, si l’on en croit le (mauvais) scénario de la série, et nous confirme – par l’absurde, cette fois – qu’un film (ou une série) est toujours, quelque part, un témoignage sur son tournage, et sur ce qui se joue entre les véritables personnes devant ou derrière la caméra.
Du coup, après un dernier épisode qui ose accumuler les twists grotesques, on n’est pas du tout déçu que la série ait été annulée (on est même content que, comme il n’y aura pas de seconde saison, ce soient les méchants criminels du KGB qui ridiculisent les « bons Américains »). Par contre, on aimerait bien revoir Clarke et Richardson à nouveau ensemble à l’écran.
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Eric Debarnot
