[Live Report] Festival Beauregard 2019

Atmosphère campagne-cool, programmation mainstream, le Festival Beauregard a tout pour plaire ! Il est rentré dans la cour des grands festivals avec une fréquentation au beau fixe cette année avec près de 108 000 spectateurs. Succès au rendez-vous pour cette 11e édition.

NTM par Robert Gil

Dans les starts- J1

Obligation professionnelle oblige, l’arrivée fut un poil tardive sur le site malgré une entrée relativement rapide. Gros coup de chapeau en passant aux bénévoles souriants qui font en sorte que notre vie de festival soit la plus agréable possible.

Une petite soirée musicale en perspective, le temps de reprendre ses marques après une année de patience.  Angèle et Gossip sont les artistes attendus en ce début de festival, ainsi que Limp Bizkit. Un peu de regret d’avoir manqué Gringe, le presque local de l’étape puisque l’acolyte d’Orelsan a vécu 10 ans à Caen.

Curieuse de découvrir Angèle sur scène, une jeune femme qui a une grosse côte en ce moment.  Gros décalage pour ne pas dire coup de vieux J Les ados étaient au taquet, moi nettement moins. Show cadré sans fausse note, des chansons adulescentes aux textes pour certains intéressants, une forme d’ennui s’installe au bout de quelques titres seulement. On en vient à regretter la mémorable prestation d’Hollysiz qui nous avait embarqués dans un moment de folie l’année passée à Beauregard. Quant à Gossip, il s’agissait de leur retour sur scène 10 ans après la sortie de leur fameux album Music for men. Le groupe dont le titre Heavy Cross a accompagné le magnifique feu d’artifice d’anniversaire tiré l’an passé au-dessus du Parc bénéficie d’un gros capital sympathie sur Beauregard. Mais hélas, ce soir-là, il a manqué un petit quelque chose pour mettre vraiment le feu au public. Pas assez explosif, pas assez punchy. Légère déception…. Beth Dito en mode tchatche avec le public et ses acolytes ont fait le job, mais le concert sympathique ne restera pas gravé pour autant dans les mémoires.

En mode vitesse de croisière – J2

Grosse soirée en vue ce vendredi. On a repris nos petites habitudes de châtelains dans le parc. Avec un coup de cœur pour un groupe normand  We hate you please die déjà vu au Cargö en première partie de Bodega. Du punk, de la folie, de l’énergie pure et beaucoup de talents pour de très jeunes artistes.
Impatiente à l’idée de découvrir Fantastic Negrito précédé d’un bouche-à-oreille flatteur, l’artiste d’Oakland nous a collé une sacrée claque. Charisme incroyable, du blues mâtiné de hip-hop, on voyage dans le temps sur les rives du Mississipi. Une musicalité hors pair. Excellent moment.

Une petite impasse sur Tamino pour découvrir le nouveau set des belges de Balthazar qui a sorti un nouvel album Fever en 2019. Une fièvre qui a mis quelques minutes à s’emparer du public. Un début de set un peu lent pour évoluer crescendo vers une tension rock espérée. Des rockeurs classieux avec lesquels on aurait bien joué les prolongations !

Bernard Lavilliers prend le relais ou presque ! Que dire si ce n’est que ce fut un voyage fort avec de very good vibes. Décollage pour la Jamaïque en guise de hors d’œuvre, puis nouveaux titres pour enchaîner vers ses succès les plus fameux. Des musiciens magnifiques avec une mention spéciale au bassiste Daniel Roméo virtuose ! Suprême NTM, le clou de la soirée ! Comment dire ? Du grand Joe Starr et Kool Shen ! Pour les adeptes du style ! Gros show, grosse folie ! Un petit moment d’histoire du rap quoi !

Une mi-parcours en mode crescendo – J3

Mon collègue Eric Debarnot ayant débriefé la soirée, je ne reviendrai pas dessus dans le détail d’autant que j’ai partagé son ressenti. Ben Harper : un moment magique, suspendu. Des larmes d’émotion qui coulent des yeux de certains spectateurs. Des Innocent Criminals incredible ! Bref, on en veut encore… Mention spéciale à Clara Luciani, qui a débuté son set au moment du tea time comme elle l’a joliment souligné, sous un soleil de plomb. Découverte en première partie de Benjamin Biolay il y a trois ans à Saint Malo, elle affichait déjà un charisme et une musicalité impressionnants. Elle n’a rien perdu de la grâce de ses débuts, bien au contraire ! Enfin les commentaires des deux ados qui m’accompagnaient et qui ont savouré le show de Roméo Elvis, je cite : « cool, grosse ambiance », « il était investi et passionné » ! En résumé, c’était de la bombe.

The last night – J4

Jeanne Added par Robert Gil

Ce dimanche plus respirable en terme de fréquentation s’annonçait sous les meilleurs auspices quant à la programmation.  Attaque de l’après-midi avec Rendez-vous, groupe proposant une musique oscillant entre punk et cold wave. Avis mitigé lié aux ruptures intervenues dans le set, avec bidouillage d’amplis entre autres…La tension que l’on aime ressentir dans ce type de concert retombe comme un soufflet et ces jeunes gens nous larguent un peu en chemin. Dommage car on ressent leur énergie, leur implication dans leur musique. Il ne manquait pas grand-chose pour nous embarquer vraiment.

On embraye avec le magnifique Bror Gunnar Jansson, que les caennais connaissent bien car on l’a découvert pendant le Festival Les Boréales il y a quelque temps déjà. Son label Les Editions Miliani est par ailleurs normand ! Du blues, du blues, du blues…. Avec une épure élégante, une émotion à fleur de peau, un grain de voix reconnaissable entre tous. Magnifique !

On se précipite pour rejoindre Jeanne Added déjà vue précédemment à Beauregard et au Cargö. Si on décèle une voix un poil fatiguée peut-être par le rythme effréné des concerts, l’énergie de cette boule de nerfs est au taquet ! Elle embarque le public avec une volonté hors norme, on entre en transe avec elle sur ses beats électro. She’s a queen on stage ! Impasse sur PLK pour retrouver la fragile Cat Power. Gros contraste avec la collègue qui l’a précédée. Mélancolie, douceur, un moment à part dans ce festival où l’on passe la majeure partie de son temps à remuer le popotin. Cette parenthèse fut fort agréable, même si certains dans le public se sont montrés fort peu respectueux de la singularité de cette artiste.

 

Interpol par Robert Gil

Retour vers la scène Beauregard pour le moment vintage de l’édition 2019 Tears for fears. Passablement embarrassée je suis, car je dois avouer que je ne suis pas franchement adepte du son eighties des anglais. Moment de communion dans le public sur les tubes du groupe notamment sur Sowing the seeds of love, qui a semble-t-il fait le job.  J’attendais Interpol découvert sur scène à Saint Malo à la Route du Rock il y a deux ans où ils ont joué l’intégralité de leur album Turn on the bright lights. Les guitares sont au top, la rythmique métronomique, dommage que la voix soit dominée par les instrus. On se laisse vite porter par ce son identifiable entre tous. Là encore, un peu moins de pêche qu’au Fort Saint Père. Mais bon kiff tout de même… Disclosure dont on entendra les échos jusqu’en centre-ville de Caen achèvera cette 11e  édition de Beauregard.

Pour conclure, cette édition a connu des gros tops (Ben Harper, Idles, NTM) et quelques moments moins captivants. Un constat en forme de regret : peu de vraies découvertes, des artistes que l’on retrouve sur tous les festivals, moins de rock, plus de rap. La gestion d’un festival est complexe, son économie fragile, alors félicitations aux organisateurs qui font de Beauregard une grande fête, un rendez-vous attendu par beaucoup.

Texte : Sandrine Mocquet
Photos : Robert Gil

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