5 + 5 = Les disques préférés d’Alexandre Bazin

Alexandre Bazin vient de faire paraitre son nouvel album sur Kowtow records. A cette occasion, il nous parle de quelques uns de ses disques favoris, dans un spectre musical qui va de Fennesz à Tame Impala en passant par John Coltrane et Bernard Parmegiani.

Alexandre Bazin en studio
Alexandre Bazin en studio – photo © Clement Beauvais

Membre du Groupe de Recherches Musicales (GRM) créé par Pierre Schaeffer en 1958 et situé dans les studios de Radio France, Alexandre Bazin est l’auteur de quelques albums sortis entre 2014 et aujourd’hui. Son dernier en date Concorde mêle rock, surf music, krautrock, Kosmische Musik…
Pour son 5+5, le français est aller chercher des musiques dans le domaine de l’ambient et de l’expérimental mais pas que…

5 disques du moment :

Fadi Mohem – Modeselektion, Vol. 4

Dans une compile de Gernot Bronsert et Sebastian Szary ce morceau de techno est d’une grande simplicité, brut mais avec une élégance minimale que j’aime beaucoup. Les choses les plus simples sont souvent les plus efficaces, mais pas pour autant les plus simples à produire.

Pan Sonic – Cathodephase

Mika Vainio (RIP) et Ilpo Vaïsanen sont de purs punks, mais pas de guitare ici, pas de gesticulations inutile. c’est le son qui est punk, vibrant et “sale”.

Christian Fennesz – Venice

Quand un artiste trouve un son et crée un style, c’est très rare et c’est ce qu’a réussi Fennesz, il a changé le paysage musical, définitivement, avec une beauté inouïe.

Alessandro Cortini – Forse 1

Ce disque d’Alessandro Cortini avait été refusé par un premier label qui lui avait dit que ça semblait pas fini, qu’il manquait des éléments (comme le serait une maquette). Je comprends parfaitement le point de vue de ce label, mais je soutiens Alessandro dans sa démarche de vouloir arrêter l’album a ce stade. J’aime les imperfections dans la musique et dans cet enregistrement on peut même entendre des notes incertaines à 2:01 et 3:07. Ca change des albums surproduits, ça a beaucoup de charme.

Alva Noto – Xerrox, Vol.2

A l’écoute de ce morceau, j’entends la musique classique, romantique du XXIème siècle. Carsten Nicolai est un artiste novateur passionnant.

5 disques pour toujours :

Radiohead – The King of Limb

 

Sur ce live enregistré par Nigel Godrich dans le “Basement” des studio Maida Vale à Londres qui sont en danger de destruction en ce moment un appel est en cours. C’est un bâtiment important dans l’histoire de la musique. Radiohead joue ici en formation rock, avec pour l’occasion Clive Deamer à la batterie électronique et Thom Yorke au synthétiseur. Thom Yorke est l’un des rares artistes qui a su se réinventer au cours des décennies avec un brio sans égal. Toujours à la pointe. Steve Reich lui-même a reconnu publiquement son talent en reprenant la musique de Radiohead dans son oeuvre Radio Rewrite.

Tame Impala – Currents

Une pop magistrale. Il faut un talent de mélodiste, d’écriture, et de production hors du commun pour arriver à faire un disque pareil tout seul. Kevin Parker atteint le niveau des Beatles avec trois albums consécutifs qui sont Innerspeaker, Lonerism et Currents. Même en live la promesse est tenue. c’est assez rare que le compositeur arrive à transmettre son univers à travers ses musiques, et je dois dire qu’avec Kevin Parker j’ai l’impression d’avoir les pieds dans le sable sur une plage déserte australienne. Et le mec à l’air archi cool en plus.

Nick Cave & Warren Ellis – The assassination of Jesse James

Bande son magistrale, l’émotion est palpable à la première seconde du disque grâce au violon de Warren Ellis, et les structures rock inébranlables de Nick Cave. L’enregistrement est haut de gamme, fait au Air Studios de Londres. Le film est époustouflant de beauté, avec une scène mémorable dans laquelle Brad Pitt passe du rire à l’hyper violence en un quart de seconde, sur un seul et même plan séquence. Le célesta nimbe l’espace acoustique, et fait écho au flou artistique de l’image d’Andrew Dominik.

John Coltrane – Giant Steps

Avec un bon whisky 12 ans d’âge, c’est le moment de se rouler un splif et se préparer pour partir en soirée. Imaginez la vivacité d’esprit de John Coltrane pour jouer des centaines de notes à la minute avec une précision mélodique hors-norme. Il n’y avait pas d’édit dans les enregistrements des morceaux à l’époque, c’est du “One Shot”, au mieux on fait quelques “takes”. Si vous voulez vraiment apprécier, ne faite rien d’autre, écoutez les mélodies et suivez les jusqu’au bout.

Bernard Parmegiani – De Natura Sonorum

 

Bernard Parmegiani signe avec De Natura Sonorum son entrée au panthéon des grands Maîtres de l’avant-garde. Parmegiani, est un nom dont la sonorité est déjà musicale. C’est un chercheur d’Or inlassable, qui a les mains et les oreilles plongées dans l’inconnue. C’est un phare dans la nuit qui montre une nouvelle direction à qui veut bien le suivre. Bernard Parmegiani est un artiste majeur qui saisit la matière sonore pour la faire vivre, avec un siècle d’avance. De Natura Sonorum est son Chef-d’œuvre.

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