Après le très réussi Odeur des pins paru en 2024, Bianca Schaalburg revient avec une haletante course-poursuite entre Berlin et Paris, mêlant thriller politique, dénonciation du racisme et comédie romantique à l’ancienne.

Amir est jeune germano-irakien qui semblait bien intégré, jusqu’au jour où Yussuf, son meilleur ami et journaliste d’investigation, est accusé d’avoir commis un attentat suicide à Berlin. Sidéré, Amir échappe à un contrôle de police, perd ses papiers et son argent. Activement recherché pour complicité, il trouve refuge dans une piscine municipale. Dans sa fuite, il est rejoint par Emma. La jeune femme fréquente, avec plus d’assiduité, le même plan d’eau. Yssuf rêve quand Emma aligne des longueurs. Bien que convaincu de l’innocence de son ami, Amir est tétanisé. En l’encourageant à mener l’enquête, Emma va révéler un esprit d’initiative hors du commun et un tempérament de feu.
Emma et Amir se veut un vibrant hommage aux screwball comedies de Capra, Cukor, Sturges ou Lubitch, mais aussi leur réactualisation inquiète. Imaginez les réincarnations contemporaines de Gary Cooper et de Jean Arthur de L’Extravagant Mr. Deeds plongées dans une intrigue policière trépidante, évoquant Les 39 Marches d’Alfred Hitchcock. Vous remplacerez néanmoins la société secrète par un complot néo-fasciste européen qui nous conduira de Berlin à Paris.
Tout semblait opposer le doux Amir à la trépidante Emma. Intrépide, elle pratique des arts martiaux, déjoue les filatures et joue du revolver. Pourtant, tous deux aiment les piscines anciennes, la justice et la lutte contre toutes formes de racisme. Pour ne rien gâcher, ils aiment rire et ont le sens de la formule.
Le dessin relâché de Bianca Schaalburg peut surprendre. Elle semble pressée par l’urgence, certains personnages paraissent hâtivement croqués, l’histoire n’attend pas. Pour autant, elle travaille ses ambiances et ses décors. Ses héros apprécient les piscines historiques, les hôtels huppés et les cimetières romantiques. J‘allais oublier les bienveillants monstres marins qui, échappés de la piscine berlinoise, veillent sur nos amis.
Le scénario est malin et, hélas, réaliste, le rythme est soutenu et le lecteur captivé succombera très certainement aux charmes de nos amoureux. La promesse est tenue. L’hommage à Capra et à ses amis et la dénonciation du racisme sont réussis !

Stéphane de Boysson
Emma et Amir – Dans l’ombre de la terreur
Textes et dessins : Bianca Schaalburg
Éditeur : L’Agrume
168 pages – 22,90 €
Parution : 22 mars 2026
Emma et Amir — Extrait :

