Le printemps n’a pas été avare de belles sorties et certains disques n’ont pas eu les fleurs qu’ils méritent. Cette sélection de dix disques sortis en mai vient réparer le méfait avec American Football, Loraine James, Blu & Exile, Broken Social Scene ou encore Genesis Owusu.

American Football – LP4
La temporalité sinueuse d’American Football (4 disques en 25 ans, hiatus d’une décennie) n’altère fort heureusement en rien les qualités intrinsèques du quatuor de l’Illinois, toujours prompt à délivrer un rock mélodique, ultra-soigné qui leur permet de mettre en musique des thématiques sombres: divorce, addiction, suicide etc. Pas ce qu’il y a de plus jouasse sur le papier mais l’émotion dégagée est LA force majeure du disque.
Broken Social Scene – Remember the Humans
Neuf ans que le supergroupe de Toronto n’avait rien sorti mais ils sont restés en forme, revisitant leurs œuvres studio et tournant pour les anniversaires de leurs anciens albums. Ils retrouvent ici pour l’occasion leur premier producteur David Newfeld dans une réunion qui ne mise pas tout sur la nostalgie mais sait s’appuyer sur les fondations indie-rock habituelles.
Kacey Musgraves – Middle of Nowhere
Septième album studio de la songwriter texane, écrit après une rupture et une longue période de solitude assumée, il renoue avec les racines country de ses débuts : pedal steel, accordéon, rythmiques de dancehall texan, le tout relevé d’une grosse louche pop, avec Willie Nelson, Miranda Lambert et Billy Strings parmi les invités. Un retour aux sources efficace.
Nu Genea – People of the Moon
Trois ans après le succès de Bar Mediterraneo et son armée de titres présents dans toutes les playlists lounge qui se respectent, le duo napolitain Nu Genea revient avec une nouvelle fournée de sa musique solaire, au groove léger et irrésistible. On y mélange disco, indie et électronique, mais aussi napolitain, arabe, anglais, espagnol et portugais, dans un melting-pot cosmopolite des plus savoureux.
Rostam – American Stories
Nouvel album solo pour Rostam qui puise ici dans ses racines personnelles pour faire le pont entre Amérique et Iran, dans le contexte que l’on connaît. Un disque indie folk assez doux, très riche musicalement, où l’on reconnait par endroit la patte des premiers Vampire Weekend dont il fut l’architecte sonore jadis.
Genesis Owusu – Redstar Wu & the Worldwide Scourge
Quelque part entre Bloc Party et le R&B indie, Genesis Owusu ne choisit toujours pas et c’est tant mieux. C’est dans ce chaos permanent, punk-rap, que le ghanéo-australien parvient parfaitement à s’exprimer avec ce troisième album toujours aussi électrique qu’énergique. Un beau bordel!
aja monet – the color of rain
Un disque d’Aja Monet ne sera jamais un long fleuve tranquille. Avant tout autrice, poète et activiste, voici qu’elle choisit de mettre ses mots en musique pour la seconde fois dans une ambiance difficilement résumable. On passe par à peu près tous les styles afro-américains, emprunts de mysticisme et de textes forcément engagés socialement. Une démarche artistique parfois abstraite mais salutaire en tout point pour ceux qui accordent autant d’importance au fond qu’à la forme.
6LACK – Love is the new gangsta
Toujours aussi à l’aise pour rapper que pour chanter, 6LACK maitrise son karaté dans cette ambiance chill et suave à mi chemin entre le R&B et rap. Et s’ouvre ici comme jamais, entre paternité, santé mentale et failles personnelles. La vulnérabilité comme force, l’amour est gangsta désormais !
Blu & Exile – Time Heals Everything
L’une des alchimies les plus créatives du rap underground remet le couvert dans un disque old-school où le flow ultra-technique de Blu se marie parfaitement aux compositions boom-bap et soulful d’Exile. C’est solaire, positif, ça s’écoute hyper facilement et c’est tout ce qu’on attend de ce genre de collaboration naturelle. Avec quelques jolis guests pour ne rien gâcher (Black Thought, Saba, Rome Streetz).
Loraine James – Detached From The Rest of You
Pour les amateurs de musiques électroniques abstraites et vaporeuses voici un joli projet mené par la britannique Loraine James. Des échantillons en pagaille, de la voix saturée, des effets dans tous les sens, un peu d’hyperpop et de soul, pour un sentiment de lévitation permanent.
