[Live Review] The Wave Pictures et Barbara Forstner au Supersonic Records (Paris) : feel good !

En dépit de leurs 20 années d’existence et d’une discographie pléthorique, The Wave Pictures ne sont pas très connus en France. Et c’est bien dommage, car ces excellents musiciens nous ont fait passer une soirée des plus agréables, malgré un set bien trop court !

The Wave Pictures / ©Laetitia Mavrel

Ce vendredi devait a priori être un jour de repos après une semaine caniculaire, et la perspective d’une salle surchauffée n’avait rien de très tentant. Mais chez l’accro aux concerts, le manque arrive vite, et me voilà à faire la queue devant le Supersonic Records, qui, oui, a la clim ! Pas très rock comme attitude, je le concède, mais là, pour le coup, c’était vital.

C’est en outre une découverte pour moi, puisque je connais peu les têtes d’affiche de la soirée, The Wave Pictures. En gros, j’ai fait confiance à une amie fan de rock anglais, réputée pour ses goûts sûrs. Si j’ai bien compris, ce sont de super musiciens et l’ambiance devrait être amicale. Ok, allons-y, j’en suis, d’autant plus qu’il y a des copains sur place.

Première constatation quand les portes s’ouvrent à 20 h 15 : il y a des fans, et ils ont très soif. La file à l’entrée rue Biscornet se retrouve directement devant le bar, qui va faire une belle recette ce soir.

À 20 h 30, Barbara Forstner est sur scène, avec sa guitare et un tee-shirt à manches longues pour cause de climatisation trop forte. Je ne la connais pas, mais elle évolue dans un registre que nous avons déjà croisé récemment dans cette salle : un folk sensible, voix-guitare, avec des textes qui parlent de route, d’amours et de ruptures. Son dernier album, Long Long Gone, est largement interprété ce soir, et l’on pense beaucoup à Joni Mitchell dans la sensibilité de ses chansons. Building a Home évoque un ancrage, un lieu à construire, et séduit par son naturel. Notre préférée de la soirée s’appelle One Day et s’avère vraiment excellente. Dans un genre où la concurrence fait rage, il est difficile de sortir du lot. Barbara a une voix magnifique et des compositions qui font plus que tenir la route ; je suis prêt à miser sur elle. Trente minutes très agréables, en tout cas, et nous serons contents de la revoir en première partie de Dylan Leblanc dans le cadre du festival Eldorado !

The Wave Pictures est un trio anglais formé à la fin des années 1990 à Wymeswold, dans le Leicestershire. Le groupe réunit David Tattersall (chant, guitare), Franic Rozycki (basse) et Jonny Helm (batterie), et ils sont sur scène à 21 h 30.

I Love You Like a Madman donne le ton, à la fois mélodique et mélancolique, avec David Tattersall au chant et un premier morceau de bravoure du batteur Jonny Helm, qui affiche toutes ses qualités dès l’ouverture. Très vite, l’évidence s’impose : The Wave Pictures sont de sacrés musiciens. Helm sait aussi chanter et le prouve un peu plus tard avec le tubesque et bien nommé Just Like a Drummer. Auparavant, une reprise incroyable aura totalement lancé le concert : une longue version de Green River de Creedence Clearwater Revival, tout à fait inspirée, au cours de laquelle Tattersall montre toute sa dextérité. Avec un chant plus plaintif que celui de Fogerty, il transforme ce morceau en tuerie électrique d’un classicisme parfait, qui fait penser au Sewed Soles des Greenhornes. De quoi nous rendre fans du groupe immédiatement. Ces Anglais ont décidément une base musicale américaine.

 

The Wave Pictures / ©Laetitia Mavrel

L’autre grand moment du set sera Sleepy Eye, reconnue par les fans de longue date qui sont dans la salle. Pas de batterie sur ce morceau, qui voit Helm s’avancer vers nous pour chanter quasi a cappella. C’est tout simplement beau, et l’impression se confirme : il a un peu profité des bars locaux avant de monter sur scène. La basse devient jazzy, la guitare se montre tout aussi subtile : comment ai-je pu passer à côté de ce groupe plus tôt ?

Je reconnais deux titres du dernier album Gained / Lost, le lumineux Alice et le malicieux Faded Wave Pictures T-Shirt, histoire de rappeler qu’il y en a de très jolis en vente au merch. Malin, tout ça ! L’intro a une vibe Velvet, et l’humour des paroles laisse imaginer une admiration pour Jonathan Richman. Ils vont encore jouer deux de leurs tubes, Spaghetti et surtout un énergique Pea Green Coat. Les solos de Tattersall restent impressionnants, et le morceau fonctionne très bien en live.

Et puis, au moment où nous sommes bien dedans, ils quittent la scène. Frustrant au possible, ce concert de 55 mn. Certes, je n’en attendais pas grand-chose au départ, mais là, je n’ai vraiment pas envie que ça s’arrête ! Mais j’ai découvert un groupe ce soir et, promis, je serai présent la prochaine fois, quand ces trois musiciens plus que sympathiques décideront de revenir jouer un peu (plus ?) après avoir fait la tournée des bars parisiens.

Barbara Forstner :
The Wave Pictures :

Laurent Fegly
Photos : Laetitia Mavrel

The Wave Pictures et Barbara Forstner au Supersonic Records
Production : Supersonic Records
Date : le vendredi 29 mai 2026

Leurs derniers disques :

Long Long GoneBarbara Forstner – Long Long Gone
Label : Autoproduit
Date de sortie : 28 novembre 2025

 

 

 

 

 

Gained LostThe Wave PicturesGained / Lost
Label : Bella Union
Date de sortie : 3 novembre 2025

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