Entre deux matches de Coupe du Monde et sous cette chaleur insupportable, le mois de juin a peut-être eu trop de distractions pour suivre au plus près les sorties musicales. Voici une session de rattrapage avec quelques jolis disques sortis ces trente derniers jours. On retrouve SLIFT, The Creem, Tierra Whack, Chanel Beads etc.

The Creem – A Taste of Cherry
C’est le mois de Ratatat. Alors que E.Vax sort un nouveau disque solo, son compère Mike Stroud lui fait une infidélité et s’associe à Nick Thorburn pour former The Creem. Un duo résolument indie-pop aux mélodies solaires sans prétention. Avec quelques effets de guitare saturée pour nous renvoyer aux beaux jours de Ratatat, ce qui ne gâche jamais rien.
Downtown Boys – Public Luxury
Quasiment une décennie d’absence sur disque pour le groupe punk engagé Downtown Boys et voici un troisième album pour se rappeler aux bons souvenirs de tous. Une énergie folle, des revendications politiques tranchées, un son lourd, étouffant et diablement efficace, le combo ultime pour tout band du genre qui se respecte.
SLIFT – Fantasia
On avait laissé les toulousains de SLIFT avec un troisième album ébouriffant, c’est donc peu dire que la suite était forcément attendu avec curiosité. Fantasia continue de s’inscrire dans cette ambiance atmosphérique, stoner-rock psychédélique aux longues plages aussi puissantes que planantes. Huit titres seulement mais qui prennent leur temps, s’étirent dans de longues envolées jouissives.
Chanel Beads – Your Day Will Come
Non ce n’est pas une coquille. Le groupe mené par le new-yorkais Shane Lavers a bien décidé de nommer son second album comme… le premier ! Il faut dire que Chanel Beads n’a pas connu de bouleversement sonore et que l’on retrouve sur ce successeur ce même goût pour l’indie brumeuse, aux confins de la dream pop. Agréable en toutes circonstances.
Kelsey Lu – So Help Me God
Sept ans après son premier album Blood, Kelsey Lu replonge dans le grand bain et quel plongeon ! La californienne ajoute à ses habituelles nappes de cordes apaisantes de grandes envolées liturgiques faites de chœurs, de guitares distordues, de soupçon soul pour un disque d’une beauté sidérante. Une ambiance baroque pop sophistiquée dans sa forme mais totalement accessible.
Tierra Whack – WHACK’S MUSEUM
Elle est, avec Doechii, certainement l’une des rappeuses les plus talentueuses à l’heure actuelle. Et pourtant si rare en projet solo qu’il faut absolument profiter de cette petite demi-heure où Tierra Whack pose ses meilleurs skills sur des productions boom-bap crasseuses de Conductor Williams entre autres. Du rap à l’ancienne, sans artifices. Tout ce qu’on aime donc.
horsegiirL – Nature is Healing
Difficile de se démarquer lorsque l’on choisit de suivre la grande tendance actuelle de l’électro hyper-pop. Pourtant l’artiste allemande horsegiirL parvient à accrocher l’attention. La faute à une vibe un peu new-age, ramenée d’une expérience psychotrope du côté de l’Equateur. Une drôle de dichotomie entre EDM à haut BPM et moments suspendus qui, on ne sait trop comment, fonctionne bien.
Styrofoam Winos – Any River
Entre alt-country, folk-rock et expérimentations discrètes, Styrofoam Winos signe un disque d’une remarquable fluidité. Guitares, claviers et cuivres s’y répondent avec naturel, tandis que les textes, entre chronique du quotidien, poésie et humour sec, révèlent une écriture d’une grande finesse. Un album vivant qui confirme tout le talent du groupe.
The Mellons – The Mellons In Color
Si vous aimez la pop anglaise des années 60, précipitez-vous sur le deuxième album de The Mellons. Originaire de Salt Lake City, le quatuor continue d’y afficher son amour pour les grandes heures de la pop britannique, des Beatles aux Beach Boys. Dans la lignée des Lemon Twigs, le groupe revisite les codes de la pop psychédélique à travers quinze titres où il excelle à façonner des mélodies accrocheuses et des arrangements luxuriants.
Slow Jane – Aquarius
Avec ce premier album, Slow Jane séduit par la douceur de son univers. Au fil des morceaux, la chanteuse déroule des mélodies langoureuses, baignées de romantisme et de mélancolie, portés par des arrangements sobres et nuancés, qui révèlent un vrai sens de l’écriture. Un premier essai délicat et très prometteur.
